Du court long au long court
Le cinéma de Federico Fellini ou d’Andrei Tarkovski, est un cinéma où l’arsenal technique est à l’évidence plus dense que le cinéma minimaliste de Buster Keaton ou de Robert Bresson. Il y va de même pour la littérature. Honoré de Balzac ou Victor Hugo employaient un vocabulaire plus large que Marguerite Duras ou Jacques Prévert. Mais ce qui compte, ce n’est pas tant le nombre de mots, ou la quantité d’images - sons. Comme l’écrivait Luc Moullet en 1960 au sujet d’un film de Samuel Fuller, la morale n’est pas une affaire de techniques. Ce qui compte, c’est la qualité du film.
Si le court-métrage est un tremplin pour les cinéastes, si l’expression des premiers films est capitale dans l’œuvre d’un cinéaste, c’est pour une raison simple. Il n'y a pas - ou ne devrait pas y avoir - de différences entre un film court et un film long. Un film est entrepris avec la même passion, qu’elle qu’en soit sa durée. Beaucoup de grands cinéastes commencent même un film comme si c’était un court-métrage. Ainsi Wong Kar Waï avec « In the mood for love ». Il existe même des cinéastes comme Artavazd Pelechian qui n’ont jamais fait que du format court.
Les Rencontres du Court vous présentent leurs meilleurs voeux pour 2010 !
Laurent Mesguich